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Full text of "Le tarif et la prospérité nationale [microforme] : mémoire présenté au Gouvernement du Dominion par L'Association des manufacturiers canadiens le 13 janvier 1911"

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(monographies) 




Canadian Institute for Historical Microroproductions / Institut canadien de microreproductions historiques 





Technical and Bibliographie Notes / Notes technique et bibliographiques 



The Institute has attempted to obtain the best original 
copy available for filming. Features of this copy which 
may be bihfjographically unique, which may alter any of 
the images in the reproduction, or which nfiay 
significantly change the usual method of filming are 
checked below. 




D 
D 
D 

n 

D 
D 
D 
□ 

D 

D 



Coloured covers / 
Couverture de couleur 

Covers damaged / 
Couverture endommagée 

Covers restored and/or laminated / 
Couverture restaurée et/ou pelliculée 

Cover title missing / Le titre de couverture marxgue 

Coloured maps / Cartes géographiques en couleur 

Coloured ink (Le. other than blue or black) / 
Encre de couleur (Le. autre que bleue ou noire) 

Coloured plates and/or illustrations / 
Planches et/ou illustrations en couleur 

Bound with other material / 
Relié avec d'autres documents 

Only édition available / 
Seule édition disponible 

Tight binding may cause shadows or distortion 
along interior margin / La reliure serrée peut 
causer de l'ombre ou de la distorsion le long de 
la marge intérieure. 

Blank leaves added during restorations may appear 
within the text. Whenever possible, thèse hâve 
been omitted from filming / Il se peut que certaines 
pages blanches ajoutées lors d'une restauration 
apparaissent dans le texte, mais, k>rsque cela était 
possible, ces pages n'ont pas été filmées. 



L'Institut a microfilmé le meilleur examplaire qu'il lui a 
été possible de se procurer. Les détails de cet exem- 
plaire qui sont peut-être uniques du point de vue bibli- 
ographique, qui peuvent modifier une image reproduite, 
ou qui peuvent exiger une modifications dans la méth- 
ode normale de filmage sont indiqués ci-dessous. 



D 
D 
D 

Q 

D 

D 

D 
D 



D 



Coloured pages / Pages de couleur 

Pages damag 3d / Pages endommagées 

Pages restored and/or laminated / 
Pages restaurées et/ou pellteulées 

Pages discoloured, stained or foxed / 
Pages décolorées, tachetées ou piquées 

Pages detached / Pages détachées 

Showthrough / Transparence 

Quality of print varies / 
Qualité inégale de l'impression 

Includes supplementary material / 
Comprend du matériel supplémentaire 

Pages wholly or partially obscured by errata 
slips, tissues, etc., hâve been refilmed to 
ensure the best possible image / Les pages 
totalement ou partiellement obscurcies par un 
feuillet d'errata, une pelure, etc., ont été filmées 
à nouveau de façon à obtenir la meilleure 
image possible. 

Opposing pages with varying colouration or 
discolourations are filmed twice to ensure the 
best possible image / Les pages s'opposant 
ayant des colorations variables ou des décol- 
orations sont filmées deux fois afin d'obtenir la 
meilleur image possible. 



D 



Adcfitional comments / 
Commentaires supplémentaires: 



This itcffl it f ilmad at th« raduction ratio diacfcad btlow/ 

Ce documant ast filmé au taux da réduction indiqué ci-dattout . 



10X 








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18X 








22X 








26X 








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12X 



16X 



20X 



24X 



28 X 



32 X 



The copy filmtd h«r« haa tM«n raproducad thanka 
to tha ganaroaity of : 



L'axampiaira filmé fut raproduit grica à la 
généroaité da: 



University of Regina 

Tha imagaa appaaring hara ara tha baat quality 
posaibla conaidaring tha condition and lagibiiity 
of tha original copy and in koaping with tha 
filming contraet apacificationa. 



Original copiaa in printad papar covara ara fllmad 
baginning with ttta front covar and anding on 
tha laat paga with a printad or illuatratad impraa- 
aion. or tha back covar whan appropriata. AU 
othar original copiaa ara fllmad baginning on tha 
firat paga with a printad or Illuatratad Impraa- 
aion, and anding on tha laat paga «vith a printad 
or illuatratad impraaaion. 



Tha laat racordad frama on aach mierofieha 
•hall contain tha tymbol -^ (maaning "CON- 
TINUED"). or tha symbol V (maaning "END"), 
whiehavar appllaa. 

Mapa, plataa, charte, atc. may ba fllmad at 
diffarant réduction ratios. Thosa too larga to ba 
antiraly includad in ona axpoaura ara fllmad 
baginning in tha uppar laft hand eomar, laft to 
right and top to bottom, as many framaa aa 
raquirad. Tha followlng diagrama llluatrata tha 
mathod: 



Unlvarsity of Regina 

Laa Imagaa suivantaa ont été raproduitas avac la 
plua grand soin, compta tanu da la condition at 
da la nattaté da l'axampiaira filmé, at an 
conformité avac laa condltiona du contrat da 
fllmaga. 

Laa axamplalraa originaux dont la couvartura an 
papier eet imprimée sont filmés m commençant 
par la premier plat at an terminent soit par la 
dernière pege qui comporte une empreinte 
d'impreaaion ou d'illustration, soit par la second 
plat, aelon le caa. Tous laa autres exemplaires 
originaux nom filmés en commençant par la 
première pege qui comporte une empreinte 
d'impreaaion ou d'illuatration et en terminant par 
la dernière page qui comporte une telle 
empreinte. 

Un dee aymbolaa suivants sppareître sur le 
dernière image de chèque microfiche, selon le 
caa: le aymbole ^•^ signifie "A SUIVRE" le 
symbole ▼ signifie "FIN". 

Lee cartea. planchée, tableeux. etc.. peuvent être 
filmée é dea taux de réduction différents. 
Lorsque le document eet trop grand pour être 
reproduit en un aaui cliché, il mx filmé é partir 
da l'engle supérieur geuche. de gauche è droite. 
et de haut en baa. en prenant le nombre 
d'imagaa néceseaire. Lee diagrammes suivants 
llluatrant la méthode. 



1 


2 


3 



1 


2 


3 


4 


5 


6 




*«C«OCOPr liSOUITION TBT CHAIT 

(ANSI and ISO TEST CHART No. 2) 




^ APPLIED irvHGE 



1653 East Main Slreet 

,??^''Vi "" "'=''> '«609 USA 
(716) 482 - 0300 - Phooe 
(716) 288-5989 - Fo. 




>^*^^^.^^,^ 



■""fg;^ 



Le Tarif 

et la Prospérité 

Nationale 




Mémoire présenté au Gouvernement 

du Dominion par l'Association 

des Manufacturiers 

Canadiens 
le 13 janvier 1911 



.1 -. *\ J- 




S' ^ .•■: rr 




y- 



/^ 







ET LA 



Prospérité Nationale 



Mémoire présenté au Gouvernement du Dominion 

par l'Association des Manufacturiers 

Canadiens, le 13 janvier 

1911 



La délégation de la "Canadian Manufacurers' Association" qui s'est 
présentée au gouvernement du Dominion, à Ottawa, le 13 janvier 191 1, a été 
reçue par ie Très Honorable Sir Wilfrid Laurier, G. C. M. G. premier mi- 
nistr< et président du Conseil; le Très Honorable Sir Richard Oirtwright 
O.L .M.G., ministre du Commerce et de l'Industrie; l'Honorable M. Sydney 
F.sher. ministre de l'Agriculture; l'Honorable .M. Frank Oliver, ministre 
de I Intérieur; l'Honorable M. W. Pugsley. ministre des Travaux Publics; 
Honorai e M. Geo. P. Graliam, ministre des chemins de fer et canaux, et 
1 Honorable M. W. L. McKenzie King, ministre du Travail. M. D \ 
Gordon, député de Kent Est, a présenté la délégafon dans les termes sui- 
vants: 

"Sir Wilfrid et Messieurs les mem'res du gouvernement:— 

Je vous assure que je considère non seulement comme un plaisir 
mais encore comme un privilège l'occasion qui m'est offerte de vous pré- 
senter cette très importante délégation de la "Can; Manufacturers' 



L* Tarif et la ProsffriU Nationale 



\>»uc.ai.on qui repré.ente des in.lu.trie, de tm.s .rnr.s n.arpill.c. pa. 
...ut le Canada de Sydney a Vancouver. l'our cette „rcscntation je .Va. 
p..^ I intention de dire plus d'un mot. mai* - ,,arlerai hrièveinent du dévc 
l..ppe.n..„t phé.,o,nénaI dont, «race au • ■ ', de ce Rouvcrnement. ce 

I-ay, a benëfic.e durant le, ,,„inze .l.rn. ..,. .'ous pouvon, nou. 

rtatter aujourd hu. d atteindre un chiffre tôt.- -affaire, commerciale» d'en- 
N.ron un milliard de dollar>: ,1'avoir dans nos ban.,,,., incorporée, pour 
I-res dun m.ll.on de dollars de dêp.M,, dont une grande pn-cie doit é»re 
Macto dan» des entrepri.ses in.lustri.-lle* et commerciales Nous pouvons 
^luss. lire fiers en fait que les nu-nibres ,lo l'AsM.cintinn r-.présentés par la 
presenie délégation ont. depuis ..;oo. place trois quarts de rr illiard de dol- 
l.irs dans les entreprises qui produisent le .lévelopptment du pays Ces 
tu.ts non seulement enthousiasment les Canadiens, mais ont fait naitre 
lenvie dans le monde entier et ont appelé sur le Canada l'attention -le 
îTesquj tout le monde. Et. puis-jc ajouter, je crois que les hommes .,.„ 
.."t guide le char de l'Ktat avec tant de succès et d'une fa^on si progressive 
- .uront légiférer à l'avenir pour le peuple comme ils l'ont fait jadis J'ai 
inaint.^nant le plaisir de ous présenter .M. W. H. Rowley, président de la 

t anad.,-". Manufacturer»' Associatio. ". 

M. W. H. ROWLEY. 



hir Wilfnd.— Les hommes, dont est composée la délégation .|ui a 
I honneur de se présenter à vous ce matin, sont des membres de la -'Cana- 
<i'.an Manufacturers' Association" qu'ils représentent ici. Et cette associa- 
tion peut a bon droit prétendre qu'elle représente les opinions des manu- 
lactuners de tous genres et de toutes les parties du Canada. 

"«ien que nous n'ayons pas encore l'avantace d'avoir sur nos li es 
les noms de tous les manufacturiers canadiens, il e.,t facile de prouver 
que ceux qu, par leur appui, ont ouvertement proclamé leur sympatMe 
pour les principes que nous défendons représc., =oixanto-quin7c pour cent 
du capital place^ dans des entreprises manufacturières canadiennes. J'ajou- 
terai que plus de soixante di.x pour cent de nos artib.ins et de n^s travail- 
leurs gagnent leur vie dans ces entreprises. 

"Vu que. fréquemment, notre Association a eu l'infcrtune d'être mal 
comprise et d être l'objet de faux rapports, relativement, «rtout, au pré- 
u.du egoisme dont seraient entachées certaines de nos act ons. j'ai pensé 
.(U.l était bon de faire précéder le Mémoire que nous vous présentons ce 
matin dune brève déclaration expliquant quelques-unes des r:.iscns de notre 
existence. 

"D'abord, permettez-moi de dire que si le besoin de diriger l'opinion 
publique, pour quelle appuie la politique de la Protection Pratique peut 
avoir ete, il y a quarante ans. la cause première de la fondation de notre 
Association, nos intérêts et notre activité à ce sujet sont depuis longtemps 
égales, sinon surpassés par d'autres très légitimes. 



LtTarif et la l'rotf>,'riU' Nationolt 



Icndant des anné» nous avons été engagés dans une campagne 
persistante <lo.,t le but c' .it la réduction du coût de l'assurance, lamélior.- 
t<on <lii cara.-terc 'le no» risques et la diminution des dangers d'incendie. 

Nous suivons avec soin toutf législation, fédérale et provincial', e* 
biei, .,uc- nous primons rarenu.nt lu, :i..tivf de faire adopter quelque loii 
nous nous efforçons dcnipéclur .m'en vertu d^. lois réclamte» par d'autre. 
1'^ int. tcts des entreprises manufacturières ne soient pas fou)'!, aux pied*. 

•J.'os travaux ont produit <ic nombreuses anéliorations dans les con- 
dition, du transport, dan» l'arrans-incnt et la classification des marchandi- 
SCS, qui sont mantinant plus équitables; ne us a. on» obtenu une excel- 
lent.- lormnlc de connaissement, la suppression de t.ux de faveur injustes 
et, . Il u'cncral, la diminution d- taux de transport du irct. 

N'ou» avons aui;si travaillé pour la cause de l'I-ducation, afin d'-,bte- 
nir .lans les écoles canadiennes d.s améliorations -mi permettront i noi 
artis.ms d acquérir les connaissances et l'expérience nécessaires à l'accom- 
plissement des devoirs de leurs métiers, et qui :, , ilemcnt mettront à leur 
portée. 

"Nous avons toujours refusé de nous enKager dans aucun mouve- 
ment douteux. Nous n'avons ni sympathie, ni rapport avec les "trusts" et 
les •combines", l.e-, bureaux de l'As.sociation ne servent pas et n'ont 
jannis servi a encourascr des ententes commerciales illégales ni à faire 
maintenir indûment des prix. Au contraire, notre travail e.t toujours légi- 
time et de nature, croyons-nous, à contrib, ■ à la stabilité des atTaires en 
jfeneral, ce dont bénéficie directement le Canada tout entier. 

"J'ai l'honneur de vous présenter M. T. A. Rnssell. président de I. 
Commission du Tarif de la "Canadian Manufacturer»' Association", et je 
vous i;;^''.,'^'^""""" »^" attention le Mémoire qu'il va avoir l'hon ,eur 4e 



•M. T. A. Russell a ensuite présenté ie M 



emoire suivant: 



Au Très Honorable Sir Wilfrid Laurier, G.C.M.G 

Premier .-ninistre et président du Conseil. 



Les membres de la "Canadian Manufacturers' Association", au nom 
de qui nous nous présentons aujourd'hui devant vous, désiret d'abord vou. 
remercier de l'occasion qui leur est offerte de vous exposer leur, idées "ur 

lerSs Unisse 'T''°" "?.^^'=''-- commerciales entre le Canad" 
et les Ltats-Uni.. et de vous faire connaître d'une façon plt4 détaillée 
que la chose ne leur a été permise en de pré.édeates occasioV leuTa ti 
tvd.. au sujet de la politique actuelle du Dominion raîat^vl^ii; "" 



Le l.irif el la l'rosfi.'nt,' So'ionaU 



/lomnic» d'affaire, qui, toui. ont éxi inttrut» à l'école de la con- 
currence et qui. vu la nature même de leurs occupation», ont du cultiver 
Ju»quau plus h;.ut point leur» fac.rte* d'observation, ils ont surveillé avec 
un intérêt plu» qu'ordinaire le retour, dan» la v.. de notre jeune nation. 
une crise qui, causée par le renouvellement de ragitation en faveur de 
I. réciprocité a^ rc les Etats-Uni», pourr.nt conduire à un tournant de leur 
Histoire les destinées commerciale» et industrielle» du Canada. Si. jusqu'à 
présent, notre A»sociati<.>i ne »V,t pas prononcée officiellement sur un 
fiiKt qui est. évidemment, d'une profonde importance pour tov.te espèce 
d entrepriHe manufacturière canadienne, c'est parce que nous avons 'envi- 
sage la situation avec plus ou moins de tranquillité, surs que nous étions 
que la sagesse qui a caractérisé la direction de la politique de tarif du 
Dominion depuis trente ans nous ferait sortir sains et .auf. de la situa- 
tion présente. 

Bien que la perspective de la réciprocité ait déjà causé quelque ma- 
Uise dans les affaires, notre confiance reste encore entière. 

Mais de crainte que nos voisin» ne soient portés à .n-ist.r dans leurs 
deman.les auprès de votre gouvernement, dans l'espérance de trouver de 
ce cote de la frontière un élément considérable de notre population favo- 
rable a leurs vues, nous profitons de l'occasion présente pour vous asMirer 
que les intérêts au nom desquels nous pouvons prétendre parler, intérêts 
représentant approximativement $., 200,000.000 de capital. $1,000,000,000 de 
production annuelle, fournissant de l'emploi à 435,ooo artisans et travail- 
eurs et distribuant annuellement $250.000,000 de salaires, sont opposés en 
la présente conjoncture, à tout arrangement réciproque du tarif, entre' les 
ceux pays, qui pourrait rendre nécessaire l'abaissement du Tarif de Doua- 
nes Canadien sur les produits manufacturés. Ils sont convaincus que toute 
réduction serait nuisible aux industries directement affertées, et causerait 
indirectement du tort aux intérêts du Canada et. coniéquemment. de l'Em- 
pire tout entier. 

Comme Canadien» :s considèrent l'époque présente comme inop- 
portune pour les .esociaions d'un Traité de Réciprocité (Voir l'Appen- 
dice I). Les entreprise, des Etats-Unis sont développées au plus haut 
degré en ce qu- concerne le capital, la spécialisation des produits et l'impor- 
tance des opérations. Vu leurs marchés restreints les entreprises cana- 
diennes ne sont pas encore aussi développées, et il leur serait évidemment 
iinpossible de supporter la concurrence qui, inévitablement, suivrait les 
réductions du tarif canadien actuel. 

Les Etats-Unis sont peut-être prêts pour la réciprocité mais le 
Canada n est pas prêt. Déjà les Etats-Unis jouissent d'une situation en- 
viable dans le commerce international. Les produits soumis aux droits 
exportes de ce pays au Canada sont admis sur paiement d'un droit moyen 
de moins de 25 pour cent, tandis que les Etats-Unis, afin d'encourager et 
de protéger leurs propres industries, ont imposé un droit de 43 pour cent 
en moyenne. Il en résulte une exploitation trop profitable du marché 



I.e Tarif el la l'u-sptriu Satiouale 



canadien par le peuple des Ft.-itï-l'ni,, comme le prouvent :c» ,t..ti,ti. ue. 
comin.rciaIe» canadienne». (Voir lAppenrlicc a), En outr.-, lo, oxp., ,- 
leur, canadien» .ont scricuM-n.cnt cmbarraMé» par le manqu* de facilitri 
.-.ux ht.nt»-l n,s. pour transiter les affaire» do douane et ' r de» ré^lr' 
ment» on.nux .xigeant de» droit» d'entrée, des certificat» -ulair*-. etc 

dispendieux. Le Canada , rendu le» cho.e» facile» pour Texportateur le.' 
ttats-Lni. en ctablis.ant un port d'entrée dan» presque chaque ville di 
quelque importance, tandis que, pr.itiquement, le» unique, port* d'entrée 
des Lt. ,-Uni», sont .ur la frontière, où il faut payer le droit. tVo.r .Appen- 
dice 3). ' ' 

Si une entente commerciale réciproque comprenant les pro.lmts ma- 
l'utacturts était conclue maintenant avec Etats-Unis, ce dernier pays 

. arait un immense avantage. Los prodi -, innfacturés canadiens ont été 
exclu.» des Etats-Uni», à cause du tarif , ■ et sont, par r.uiséquent. pres- 
que inconnu» de» consommateur, de ce ,.^». D'autre parf le tarif cana- 
dien étant plu» bas. les nroduits manufacturés des Etats-Uni- se vendent 
beaucoup au Canadr< et sont bien connu» du peuple canadien. 

Le» Canadiens ont placé de fortes sommes d'arKcnt dans Us entre- 
prises industrielles existantes, et pour tous les intérêts dans laRriculture 
les pêcheries, les ir-lustries forestière et minière, la banque, le transport 
etc., 'a continuité de leur» opérations est une question vitale. 

Croyant au maintien de notre tarif, particulièrement comm une 
protection contre la concurrence de» Etats-Uni», de» capitalistes Anglais 
ont. ces dermère» années, placé de forte» sommes d'arRent dans les entre- 
prises canadiennes. De» capitalistes français et d'autres pays d'Europe 
commence à sivvre leur exemple. Mais l'adoption d'un Traité de Récipro- 
cité avec le» Etats-Unis, arrêterait sans aucun doute IVntrée du capital qui 
est nécessaire à la itinuation du dév«^ppement/^e notre pays. (Voir 
.Appendice 4). 'f.s / / 1 7 v «■• 

Le tarif canadien actuel, quoi,,ue moEi^, a M^Tf^f^m grand nom- 
bre d. manufacturiers des Etats-Unis à établir en ce IftyT des succursales 
de leurs fabriqués, ce qui a fait augmenter notre population par l'emploi 
d ouvriers (with.n our own borders) et créé un important marché domesti- 
que pour les produits de nos fermes. La Réciprocité tuerait ce mouvement 
qui n est encore que dans son enfance. Il serait évidemment impraticable 
pour un manufacturier de monter dos fabriques de ce coté de la frontière 
afin d approvisionner un marché de 100.000,000 de personnes quand 00 pour 
cent de ce marche pourraient être supprimés d'un moment à l'autre par la 
terminaison du traité. (Voir Appendice s). 

Le Canada est riche en matières premières: forêts, champs, mines et 
pêcheries. Si ces derniers sont ouverts aux Etats-Unis, et exploités avec 
1 extravagance qui a caractérisé l'usage que ce pays a fait de ses propre» 
ressources, ils seront épuisés en quelques années. Le Canada, avec sa 
population qui augmente sans cesse, ne devrait pas permettre que sa ma- 



8 



Le Tarif et la Prospérité Nationale 



tiere première son exportée à l'état brut: il devrait la transformer dan. 
le pays, créer des industries diverses et puissantes et distribuer dans lo 
monde entier les produits manufacturés du travail canadien. 

Les lignes de transport canadiennes s'étendent dans l'est et l'oucn 
Le peuple canadien a fait et fait encore de grands sacrifices pour les cons- 
truire, afin d encourager le commerce entre les provinces et avec le Royaume 
Uni. Cet énorme placement de fonds ne devrait pas être mis en péril par 
lin traite de réciprocité qui attirerait le trafic vers le sud, au bénéfice des 
lignes de transport des Etats-Unis et aux dépens des chemins de fer et 
des paquebots canadiens. Aucun traité de commerce étendu ne devrait 
être conclu avec les Etats-Unis, à moins que nous soyons disposés à ai)an- 
donner le Transcontinental National avec tous les millions qu'il a doià 
coûtes et prêts à renoncer à l'idée de creuser le canal Welland, de cons- 
truire le canal de la Baie Géorgienne, le chemin de fer de la Baie d'Hudson 
et des élévateurs assez vastes pour répondre à nos besoins à Montréal et à 
Vancouver. (Voir Appendice 6). 

Au sujet des négociations relatives à une entente commerciale réci- 
proque qui, dans son application, serait limitée à l'échange de produits de 
la ferme non manufacturés, les membres de la "Canadian Manufacturer.- 
Association hésitent à exprimer une opinion. Cependant nous ne pouvon. 
nous empêcher de rappeler aux cultivateurs les amers désappointement. 
qu Ils ont éprouves jadis, quand leurs propres marchés ont été envahis par 
les produits venant des Etats-Unis et quand l'accès des marchés de ce der- 
nier pays leur a été fermé sans avertissement, , ,r l'établissement de droit, 
prohibitifs ou 1 abrogation de traités existant. Quand le tarif McKinley 
avec ses 30 cents de droit par boisseau d'orge, fut annoncé, en ,800, un 
grand nombre de cultivateurs d'Ontario et de Québec se sont vus près de 
la mine. Puisqu'il semble être impossible, sans une union politique ou, a., 
moms, commerciale, d'être à l'abri d'une telle éventualité, d'après les négo- 
ciations en cours, nous ne pouvons qu'exprimer la crainte que les avan- 
tages qu.- donnerait à nos cultivateurs une entente commerciale avec le. 
Etats-Unis serait bien loin de leur apporter la réalisation de leurs désirs. 
Au point de vue des affaires, c'est évidemment une mauvaise mesure 
pour nous, comme nation, que de dépenser de l'argent pour nous procurer 
des marches quin ont aucun caractère de permanence, surtout quand les 
occasions d établir des relations qui possèdent ce caractère essentiel se 
présentent de tous côtés. Et dans ce cas nous demanderons sérieusement à 
nos cultivateurs s il ne vaudrait pas mieux pour eux d'abandonner la re- 
cherche de la réciprocité avec les Etats-Unis et de continuer à travailler 
à I établissement de marchés dans le pays et l'Empire, marchés dont ils ne 
•eraient jamais exclus selon la Volonté de quelque puissance étrangère. 

Le marché domestique est, indiscutablement, le meilleur pour le culti- 
vateur. En depit de la légèreté avec laquelle certains éminents auteurs agri- 
coles ont traite le sujet il est de fait - et ceci peut être prouvé de pl„. 
dune façon - qu au moins 80 pour cent de tout ce qui pousse dans la 
ferme est consomme au pays. (Voir Appendice 7). 



UTdiif et tu Prosfcntc Xationali- 



Au I.eu detre obligé de vendre ses produits, en supportant de iour- 
k. dépenses a.ns. ..«une vive concurrence, sur les marchés du moJe 
comme d anciens cultivateurs le voudraient, le cultivateur canadien seTrouvê 

les uatr:"" i'""""" '^ ''^^^^'^ "^""^ "^-^ - -«-t. et à sa propre po"e! 
les quatre cnqu.emes de ses produits. Mieux encore: pour certains articlel 
et part.cul.erement. dans l'Ouest, la demande sur le marché local est ,e 
que nous devons importer des produits de la ferme. (Voir Appendice 8) 
Crace a l'augmentation rapide de notre population le marchéTme tique 

cultivateur pourra fournir de mieux. 

Nous croyons que, dans ce bm. le tarif canadien devrait être établi et 
ma,„tenu de façon d'encourager les capitalistes à placer de I' ge t , n 
U-> entrepnses canad.cnnes. et à faire manufacturer au Canada 1. nu X 

t: Ftat'tnTs' o", '"'"7'°"^ '"'^^^'^ ''''"*'•" ^'^^ ^'' P-ticuIièren.e,;' 
clés Etats-Ln,s. Quelque faute que Ton puisse trouver dans certains art, 

de notre pays et de nos marchés domestiques. Xous espérons donc vive- 
ment qu'on ne le changera pas. "-vive 
En exprimant cet espoir nous savons ne p,,s être «r.uoor.l ave les 
cul nvateurs de gra.n de l'ouest qui. rccemmenv. se sont presen é, à ;ols 

s re.r''?'- "" "' '""''^"" ''''"'' P'-'^f-t—'t sincères quSnd Hs 
...dressaient a vous; ma.s nous pensons aussi .,„'ils avaient été m" i„ 
-ormes: d'après un grand nombre de leurs déclarations ils semblenr 'é re 
hases sur des renseignements insuff.sants ou inexacts. Nous désirons pir 
conséquent, offr.r quelques explications qui. nous l'espérons, re r" L're 
poMtion bien cla.re et évitera des malentendus futurs. 

Il est erroné .le considérer le tarif conmu- une f.-.v.nr .-.coor.Ke à 
«ne classe pr.v.légiée. Ia„uelle leur permet de s'ennchir en imposa ,„e 
corvée sur toutes h s autres classes de la co,„n„„,,„té; il e^t ." „ ? 
erroné de parler des bénéllciaires de la protection. -~..I<"um. 

L'ouvrier, le commerçant et le cultivateur bénéficient d'un tarif n,o 

:::Taï;er"rLr^ ^'"•^" '''- "^ manufacturier.' c:;tar;mt: 

a>ec laide du tarif le dernier peut augmenter ses affaires et accroître .o, 
rendement, mais Te point qu'il ne faut pas oublier est que chaqurdo h 
'tu nt Tarent"" ''■ ""T:''^^^^^^- "" ^-^ ''-hnt de mat^rïux si^ i 
>I^T.^:^:L::J:!'S^:;:- - --'' "- ^^ ^^'-^t- entre ,es ^ai.. 

Une protection modérée n'impose nas de trihi.f i ,. i 

contraire, elle produit une condition de';ros;ir t' g „é ^le^oat T" i'," 
chaque citoyen, y compris le cultivateur, reçoit s, nfrt T ' '','.', ''^""'^"e 
'lue le manufacturier comprend dans son prix vînSant J;" , '''^'=."*'°- 
«nérales et faites sans aucune ombre de preuve CeTl 7'' .' ""P°* ^°"t 
être aisément réfutées tant et nins Vin . \ «^eclarations peuvent 

impartial n„i examinerV les f.i / ^/'^f'-":*-' ''<-' tout rechercheur 

'•appendice OV " I.a .rlide ma^Sé ' t r^^r^^i^^s 'Sl!:::;^;' • '''7:' 
aux consommateurs des articles meilleurs qu' 1 v TTinet ^n ""'"""^^"' 
d'argent. Ceci est tout ce que l'on pouvaî la^^^rr^Jl Z;,r7 



Le Tarif et Li l'iospcrité Matiuiiale 



concurrence saine qu'un tarif modéré produit régulièrement, et sur Itciucl 
on peut toujours compter pour tenir en échec tout désir de faire des profits 
immodérés. 

Beaucoup de personnes sont trop facilement portées par un esprit 
soupçonneux à croire que la concurrence est éliminée, que les prix sont 
haussés par une entente entre les manufacturiers, accusation sérieuse qu'on 
ne doit pas porter légèrement à cause de sa gravité. Ceux qui portent cette 
accusation doivent se rappeler que les lois de notre pays donnent suffisam- 
ment le moyen de supprimer les combinaisons restreignant le commerce. 
Si on a recours à des moyens, aussi illégaux, nous désirons déclarer franche- 
ment que l'Association des Manufacturiers Canadiens n'a aucune sympathie 
pour eux, et à ceux qui se sentent coupables, nous dirons que le remède est 
entre leurs mains. Les combinaisons n'ont aucun rapprochement avec la po- 
litique fiscale ou tarifaire, elles sont le résultat de la tendance moderne à 
s'organiser. L'Angleterre libre-échangiste est le chef dans la voie de la 
production des mergers industriels. On ne doit pas oublier toutefois 
qu'un grand nombre de combinaisons commerciales, qu'on nomme mergers 
ou trusts, sont parfaitement légitimes. Celles qui ont pour effet de amélio- 
rer la qualité, celles qui réduisent les prix par l'adoption de moyens de 
production et de distribution plus économiques, sont indubitablement 
autant dans l'intérêt du consommateur que dans celui du ..lanufacturier. 

Un autre point soulevé par les agriculteurs qui sont devant vous, est 
que la dépopulation des campagnes de l'est du Canada, et l'accroissement 
disproportionné de la population urbaine dans l'ouest, démontre claire- 
ment que l'agriculture n'est pas aussi prospère qu'elle devrait l'être. 
Ils donnent comme une des principales causes de cet état de choses 
qu'ils ne peuvent vendre leurs produits qu'à un prix moindre de vingt-cinq 
pour cent, par le fait qu'ils achètent leurs accessoires à des prix rendus 
élevés par le tarif. Nous avons l'autorité de M. Coats, rédacteur conjoint 
de la Gazette du Travail, dans son rapport des prix du gros en Canada, 
1890-1909 (page 16), qui déclare que l'appréciation en valeur du grain et 
des produits animaux pour 1909, sur la moyenne de la décade 1800-1890, était 
plus grande que l'appréciation en valeur de toutes les autres denrées, à l'ex- 
ception du bois et des fourrures. D'après la même autorité, les cultiva- 
teurs obtiennent 50 pour cent de plus pour leur grain, 48 pour cent pour 
leur viande, et 35 pour cent de plus pour leurs produits laitiers qu'ils rece- 
vaient il y a dix ans, tandis que pour les autres aliments, ils paient seule- 
ment 7 pour cent de plus, pour les tissus seulement 8 pour cent de plus, 
pour les instruments agricoles seulement 2 pour cent de plus, et pour 
effets d'ameublement dans lesquels le bois entre pour la plus grande partie 
seulement 10 pour cent de plus, tandis qu'ils paient moins sur un grand 
nombre d'articles fabriqués, tel qu'il apparaît dans l'appendice. On peut 
dire sans exagération aucune, que, un montant donné de la plupart des 
produits de la ferme achèteront 50 pour cent de plus d'articles manufactu- 
rés qu'il y a vingt ans. Toutefois, on peut expliquer le déclin rural, ce 
n'est certainement pas parceque l'agriculture est devenue moins profitable 
qu'autrefois, au contraire, le fait que les affaires n'ont jamais été aussi 



■^ilii :.ix-: 



Le Tarif et la Prospiriti Nationale 



II 



bonnes qu'aujourd'hui, étant donné l'axiome que la ferme est la base de 
notre prospérité nationale, démontre clairement que le cultivateur fait des 
progrès les plus satisfaisants. Le fait que des cultivateurs expérimentés 
des Etats-Unis, émigrent annuellement par centaines de mille vers l'ouest, 
le fait de les voir s'enrichir est la meilleure preuve de la ci.ndition amélio- 
rée du fermier canadien sur celle du fermier américain, même avec son 
marché plus grand. (Voir appendice lo). 

Nous avons pris note de la suggestion des cultivateurs que la préfé- 
rence à l'Angleterre devrait être augmentée immédiatement à 50 pour cent, 
avec prévision pour telles réductions supplémentaires des taux préférentiels' 
de manière à établir un libre échange complet entre la mère-patrie et le 
Canada, dans l'espace de dix ans. La position de i'.Association sur ce sujet 
a été défini dans la convention de Halifax en 1002. La résolution sur cette 
question a été approuvée à chaque convention depuis 1902, et se lit comme 
suit: "Tout en admettant que le tarif devrait être fait dans l'intérêt du 
Canada, il devrait néanmoins donner une préférence substantielle à la mère- 
patrie, et aussi à tout autre partie de l'Empire britannique avec laquelle 
une entente commerciale réciproque pourrait être faite, reconnaissant tou- 
jours que à tout événement, le tarif minimum devrait toujours offrir une 
protection adéquate à tous les produits canadiens." Considérant les con- 
ditions présentes du Canada, nous sommes d'opinion que toute augmenta- 
tion dans la préférence actuellement existante n'est pas à conseiller et met- 
traient en péril l'existence des industries canadiennes. 

Par rapport aux manufacturiers, le tarif est dans la même position 
que les fermes expérimentales, l'inspection des grains, les élévateurs ter- 
minus, les facilités pour la congélation des viandes, l'expédition frigorifique, 
le chemin de fer de la Raie d'Hudson et une vingtaine d'autres choses sont 
en rapport avec l'agriculteur. Nous nous asso-ions de tout coeur à la de- 
mande des agriculteurs en faveur d'une assistance fédérale pour leurs in- 
dustries en vue de contribuer à leur avancement et à leur prospérité, con- 
fiant qu'une connaissance plus complète et meilleure de la situation aura 
pour eflPet de les amener à se joindre à nous afin d'obtenir la stabilité du 
tarif, l'extension de nos industries, et un marché domestique et impérial 
des plus fermes. (Voir Appendice 11). 

Pourquoi les cultivateurs ne feraient-ils pas cela? Ils ne peuvent 
espérer de bénéficier constamment du sacrifice des autres industries en 
faveur de la leur. 

Comme l'organisme humain, une nation se développe mieux par 
l'exercice ingiénique de toutes ses fonctions — par l'utilisation judicieuse 
de tous ses pouvoirs et de ses ressources. 

Et comme la croissance de notre jeune nation se fait, nous devrions 
voir que son développement soit bien régularisé. 

La nature nous a singulièrement favorisés, et sous le rapport de 
l'étendue et de la variété de nos ressources. En utilisant, en cultivant, et 
en améliorant, non-seulement une mais toutes ses ressources nous prenons 
le moyen le plus sûr de conserver la prospérité présente et le bonheur futur 



/.<■ iarif et ta /'ruspcntc Xatioiial,- 



Et c'fst pourquoi nous disons, monsieur, en terminant l'expression 
de nos vues que nous sommes opposés à toutes réductions tarifaires ou 
traités de commerce qui exercerait une influence incertaine sur les condi- 
tions de prospérité dont nous jouissons. Jusc|u'à présent, le Canada a re- 
marciiiahlement bien fait. Notre population augmente par sauts et par 
bonds, nos voie, de communication auRmentent et s'améliorent, nos indus- 
tries devieniunt de jour en jour plus fortes et plus nombreuses, pendant 
que nos marchés deviennent rapidement un sujet d'envie p-.ur l'univers. 
La route que nous suivons est tracée clairement devant nous, et, nous pou- 
vons voir qu'elle est libre de toutes entraves qui pourraient arrêter notre 
progrès, mais qu'elle approche fermement de la grande porte impérialiste 
où sont concentrées nos espérances les plus belles. 

Se détourner de cette route pour suivre des chemins miroitants dont 
les sentiers sont détournés et qui conduisent on ne sait où, paraîtrait seule- 
ment courir après un désastre, et nous vous prions conséquemment, de 
croire que le parti le plus sage est le maintien d'une politique que trente 
années ont prouvées être abondamment satisfaisantes, et par laquelle le 
Canada a bénéficié et dont l'iniluence semble devoir promettre à notre j.ays 
d'atteindre l'ambition la plus haute et le plus grand bien. 



APPENDICE I. 



Les exportations des produits manufacturés des Etats-l'ni,. 



Un examen des statistiques du commerce des Etats-Unis, iettc une 
lumière si intéressante sur les conditions présentes de ce pays, Jn faveur 
de la réciprocité avec nous. Pour les neuf mois finissant en septembre 
1910, les exportations des produits domestiques de toutes sortes ont été 
de $1.193.321,51^, desquelles $210,490,966 ont été manufacturés pour servir à 
l'industrie, et $401,684.694 ont été manufacturés prêts pour la consomma- 
tion. Le total de ces deux années, $612,625,660. représentant 51 pour cent 
de toutes leurs exportations réunies. Mais ceci ne comprend pas l'es expor 
tations de produits manufacturés de la classe connue sous le nom de "pro- 
duits alimentaires en partie manufacturés" les(|uels sont SiSo, 150,103. 
Si nous regardons ce montant comme faisant partie légitimement de l'ex- 
portation des produits manufacturés, nous trouvons -que les Etats-Unis 
ont exportés pour les neuf mois finissant en septembre dernier, plus de 66 
pour cent des produits manufacturés. 

Appliquant la moyenne des neuf premiers mois aux trois derniers, les 
chiffres desquels ne pouvaient être obtenus quand ce rapport a été préparé 
le ressort que les exportations de l'année pour les produits manufacturés 
prits pour la consommation et pour l'industrie dépa.ssernnt le rhiffrc de 
$800,000,000. C'est un montant énorme pour l'écoulement duquel, et il ne 
peut y avoir de doute que la présente agitation aux Etats-Unis en faveur 



/.<■ Titrif et 1(1 l'rosf>rrilr Nationale 



«le la rcciprocitt- avec le Canada, crée le désir ouvrir plus ^;r.i:nl lo> 
marchés de ce dernier pays pour l'exploitation de leurs produit- inami- 
facturés. 

hn même temps, il nous permet «le voir ce que l'avenir nous re-erv . 
M nous continuons à travailler à notre destinée industrielle d'ap'-;'-- K 
principes indépendants. 



APPENDICE II. 



Balanci- de Commerce — Canada et les Etats-Unis. 

Pour l'année tiscalc se terniinam le 31 mars 1910, nos achat- aux 
Etats Unis, étaient de $jj3,50i,8oii, leurs achats chez nous, de $1 i.?.i.so.rrS. 
Pour la dernière décade, les recettes en chiffres ronds, indiquent v.u mon 
tant d'importations des Etats-Unis de $1.600,000,000, d'exportations aux 
Etats-Unis, de $800,000,000. En d'autres termes, sept millions cK- Cana- 
diens ont acheté deux fois autant des Etats-Unis, que quatre vi:mt-di\ 
millions de citoyens aux EtatsLnis ont acheté du Canada. 



APPENDICE ni. 



Comparaison des Règlements de la Douane aux Etats-Unis et au Canada. 



Pour illustrer les difficultés au.xquelles les règlements des douanes 
aux lùats-Unis donnent lieu, dans le cas d'un manufacturier Canadien, es- 
sayant de vendre des articles sur ce marché, il peut être établi que les ports 
d'entrée de la douane aux Etats-Unis, sont placés à la frontière. Quand 
les marchandises sont consignées à un point intérieur du territoire, alors 
l'exportateur canadien doit requérir les services d'un courtier en douane 
jusqu'à la frontière, à moins qu'il n'accompagne lui-même son envoi jus- 
qu'au point de destination, ce qui se fait dans le cours ordinaire des choses 
lorsqu'il s'agit de marchandises dont les droits de douane doivent être 
ac<|uittés avant l'exportation. 

Si l'envoi est évalué à plus de $100. l'exportateur doit présenter une 
facture à un agent consulaire des Etats-Unis, qui a juridiction sur le dis- 
trict où ses articles ont été manufacturés - -"^hetés. Le faH de se pro- 
curer ce certificat offre un sérieux inconvt' à ceux dont la place d'af- 
faire est située dans une ville ou cité toute a .- que celle oîi réside l'agent 
consulaire et les délais qui découlent de ce chef rendent souvent difficile 
pour l'exportateur de tenir son commerce en concurrence avec les maisons 
des Etats-Unis, qui ne sont pas ainsi "handicappées". 

Ec certificat consulaire cotite à l'exportateur, $2.50, (quelquefois, en 
plus, les dépenses de déplacement) sans compter les honoraires usuelle- 
qu'il faut payer au courtier en douane de la frontière. Ces dépenses, .-re- 



'4 



Le Tarif et la Prospérité Nationale 



aue tout le temps doivent être portées pour l'exportateur comme une partie 
du coût de transport. Ceci est plus de toute façon une quantité négligeable 
et cela est démontré dans le fait que deux maisons d'Ottawa ont ainsi 
payé, en envois l'an dernier, un montant totalisé de $7,700. Au fait, cette 
réclamation est faite par un peuple qui est en mesure de juger clairement, 
qu'une large portion sinon le prix entier du coût des services consulaires 
américains aux Etats-Unis, doit être porté par les exportateurs canadiens. 
En plus de cela, le manufacturier américain qui exporte aux Etats- 
Unis, peut toujours expédier «^es articles à destination dans un entrepôt 
sans frais ou tout ennui que ce soit, puisqu'on exige de lui aucune facture 
consulaire et que la moindre place dans ce pays a été constitué en port 
d'entrée de douane. 

La diflférence entre les deu.< systèmes, place le mani ucturier cana- 
dien dans un immense désavantage; de fait, il est si difficile et si dispen- 
dieux pour les Canadiens d'expédier des marchandises aux Etats-Unis, 
qj'il n'y a que ceux dont les afTaires représentent des montants considéra- 
bles d'argent qui croient bon de persister malgré tout. 



APPENDICE IV. 



Placements Anglais et Européens, au Canada. 



Sur ce point, sir Georges Ross, dans un discours prononcé au Board 
of Trade, en novembre, dit: 

"Le marché anglais a toujours été notre base d'approvisionnement 
pour chaque entreprise industrielle et nationale. Ce fut avec le capital 
anglais que nous avons construit nos chemins de fer et creusé nos canaux 
Presque toute grande entreprise municipale au Canada, a été menée à bonne 
fin grâce aux emprunts à Londres. Le capital anglais construit mainte- 
nant deux grands chemins de fer transcontinentals. Il éclaire nos nie» 
établit des canaux d'égouts, construit des aqueducs et nous transporte d'un 
continent à l'autre. Durant les cinq dernières années, suivant le "Monetary 
Times", la somme de $605,453.856, a été placée au Canada, dont $97,500,000 
oans diverses entreprises pour le développement du pays. M. Paish, une 
éminente autorité financière '!e Londres, dit que le Canada a absorbé 
£300,000,000 du capital anglai 



APPENDICE V. 



Le Capital Américain dans les Industries Canadiennes. 



Comme résultat de certaines enquêtes, menées par le "Monetary 
Times", de Toronto, et par la suite vérifiée et complétée par les officiers 



■MPI 



Le Tarif ci la l'rflst>cr:*'- 



'tionale 



lie l'Association Canadienne des Manufacturii-rs, il est coni \i qu'il y a actu- 
i-llement pas moins de 200 compagnies manllfacturiè^e^ des Etats-Unis, qui 
ont en opération au Canada, des succurs-'.les, représentant un montant 
totalisé de $226,000,000. Pour cette abondance de capital, avec tous les 
bénéfices qui en découlent pour lo Canada, nous devons remercier un tarif 
qui oblige ceux qui veulent nous vendre des articles de venir maiiufactvrci 
ici. Si nous n'eussions eu un tarif de protection, ces manufacturiers auraient 
agrandi leurs manufactures chez eux pour prendre soin des affaires du 
Canada plutôt que de venir construire ici. Dans ce dernier cas, nous nous 
serions servis d'objets fabriqués avec du matériel américain et par des 
ouvriers américains, plutôt que d'articles fabriqués avec du matériel cana- 
dien et par des ouvriers canadiens, 

Il est démontré par le passaRC suivant du discours du sénatevr 
Beveridge que nos voisins considèrent cette politique comme une perte 
distincte à laquelle doit remédier la réciprocité. 

"Il faut qu'il y ait réciprocité avec le Canada. N'otre tarif avec le 
reste du monde ne peut s'appliquer avec notre voisin du nord. Cette poli- 
ti(|ue a (K ià entraîné des m'iuntrirtiiriers amirieniiK .-lu-delà des frontière^ 
canadiennes, construit de vastes usines avec du capital américain, sur le sol 
canadien, employé des ouvriers canadiens pour alimenter le commerce. Ce 
capital devrait rester au pays, ;\ employer des ouvriers américains pour 
répondre à la demande canadienne. Nous devrions admettre gratuitement 
la pulpe canadienne et le papier canadien en échange de nos instrutnents 
aratoires, de nos engins, de nos pompes et d'autres machineries reçues I,i- 
bas gratuitement. Kou.s devririns admettre gratuitement le bois canadien 
dans nos scieries américaines en échange de l'admission gratuite au Canada 
de nos produits manufact'-rés. 

A cet effet, il est intéressant de mentionner le fait que certaines 
grosses maisons des Etats-Unis qui avaient acheté des sites au Canada, en 
vue d'y ériger des uj-nes, ont suspendu leurs opérations en prévision de 
négociations futures, dans l'espoir que le tarif sera assez réduit sur les arti- 
cles qu'ils manufacturent pour ne pas être obligés do déménager au Canada. 



^ 



APPENDi' E VI. 



L'effet de la réciprocité sur les transports. 



L'on peut conclure des remarques exprimées par les hommes publics qui 
ont conduit le mouvement de l'autre côté de la frontière, que ceci n'est pas seu- 
lement notre simple appréciation, mais l'une des préoccupations de nos voisins 
qui espèrent actuellement tirer avantage de la négociation d'un traité de réci- 
procité avec nous. 

M. H. H. Whitney, de Boston, dans un article publié dans 1' "Atlantic 
Monthly" d'octobre, émet l'opinion suivante. 



Ifl 



Le Tarif cl l„ l'rosfrnté Nationale 



"Si lu.u, .Klnutions le grain canadien en franchise, iinc grande partie .le 
ce grain resterait pour la consommation dans notre marché domestique; une autre 
partie pourrait passer par nos ports pour se rendre à letranger. New- York. 
1 ortland et Boston, sont les débouchés naturels pour le commerce de l'Est cnn.T 
< len avec IVtranger. Les élévateurs pour renimagasinasfc et la nanipuliai.-n 
du grain canadien, devrait être de ce côte ,k la frontière et les steamers du 
Canadian Pacific" et du Grand Tronc Pacifique devraient, an moins en hiver, 
avoir leurs imrts d'attache à Boston, Xew-Yoïk et Portlan<l • 

L'Hon. lùiKéne X. Foss. Rouverncur de la .M,issael.u>etf. d.elare (|ue 
la politique qui a été en force, depuis nombre d'années aux I':tats-lni> 'a eu pour 
résultat de f.ire passer approximativement. ?30o,ooo.ooo du capital américain au 
Canada, pour lon.ler des branches .liiHlustries qui rivalisent avec nr.s propres 
industries sur les m rhés étrangers. Cette politique a eu au>,i p.,ur résultat 
d arrêter la croissance des industries du Massachussets et de l.a Xouvelle-Aiigle- 
terre et de nous tenir en dehors des affaire» et du commerce auxquels nous 
avons tous les droits. Cette politique a enlevé les grands chemins <le fer cana- 
diens de nos ports ; elle a ruiné le commerce d'embarquement de nos côtes et a 
fait de nos quais des propriétés d'une valeur presque nulle." 



APPEXDICK \ll. 



r.c marche doinest;i|ue iks f^riiii 



Des différentes méinodes qui peuvent être employées pour donner de la 
valeur au marché local pour nos fermiers, pas une n'est entièrement satisfai- 
sante, parce que nous n'avons pas les moyens nécessaires pour nous rendre 
compte d'une façon exacte du rendement de nos récoltes et dresser d'année en 
année les statistiques de nos bestiaux. Toutefois les exemples suivants semble- 
raient indiquer que ce renseignement: "80 pour cent de tout ce qu'elle a récolté 
sur la ferme est consommé dans nos propres frontières" est bien exact. 

(i) I<e bulletin des récoltes pour 1909 cote la valeur de tout le blé. des 
avoines et fie l'orge récoltés au Canada cette année à $280,144,000.00. Pour 
arriver à la consommation intérieure de ces récoltes nous devons déduire les 
exportations nettes, i.e., les exportations de tels produits propres, moins toutes 
importations entrées pour la consommation. 

Pour l'année fiscale finissant le 31 mars 1910, les exportations (produits 
canadiens seulement) ont été 



^^f $ MO-.73.> 

Avoine 1.566.612 

^'^ 52.609,351 

Total $55.283.605 



Le Tarif et la ProspcriU Sotwnale 



itc de 



l'"iir la même périodf. If5 exportations entrées pour la consommât 



ion i>iit 



t 



Orge. , . 
Avoine . . 
Blé . . . . 



I 



$102,908 
27.287 
5S.6I2 



T'Jtal I185.807 

Déduisant l'un de l'autre, il reste les cxport.itions nettes de $55007,888 
Donc la balance, $334.046,1 u, ou 81 pwir .-.nt du tout représente ce qui a étc 
iDiisommé par le marché canadien. 

(-') Il faut noter que l'exemple li-dcssus w concerne que tnii- produits: 
bii . avoine, orge. 

I.a computation ci-apris imbrasscrn toutes Us ncoltcs. 

D'après le Bureau des Statistiques, la valeur totale des récoltes canadien- 
nes, pour 1909 a été de $532.902.100. Pour l'année fiscale finissant le .u mars 
K'jo. nos exportations de récoltes (|.r.»luits canadiens seulement) ont donné: 

Pour l'Angleterre $76.427447 

î'our autres pays . . 14,006,300 

E"^<''"'''«ï $90,433.747 

Hi cette somme, $20.(383.959 ont étc exportés comme produits manufac- 
turés (farine, gruau) donnant pour l'exportation des produits non manufactur'^s 
$70,349,788. Mai* encore pour arriver a ces exportations nettes nous devr ,s 
dcd-'ire les importations de céréales non manufacturées évaluées à $12.601,743, 
réduisant le montant final à $57.748,046. D'après ces sUtistiques le marché cana- 
dien parait avoir consommé 89-1-5 pour cent de la production totale. 

(3) Ni l'un ni l'autre des calculs ci-dessus ne concernent les produits 
aniniai'x et dans l'absence d'un inventaire annuel montrant la valeur de notre 
stock de bétail vivant il est difficile de fournir des chiffres satisfaisants. La 
comparaison suivante est toutefois suggestive. Pour l'année fiscale, finissant le 
.u mars 1910, nos exportations de céréales non-manufacturées ont été. comme 
indiqué ci-dessus, de $70,349,788. ajoutons à ce chiffre nos exportations d'ani- 
maux et de produits animaux non manufacturés $43.900,000 et nous trouvons 
les chiffres totaux de nos exportations des produits de la ferme non manufac- 
turés s'élevant à $114,000.000. En réunissant ces deux résultats nous arrivons 
seulement, à 21 pour cent de la valeur des céréales seules. 

Comme matière de fait la récolte de grain pour l'année dernière, dans la 
>eule province d Ontario a été d'une valeur de $54,000,000 plus élevée que toutes 
ks exportations fermières du Canada tout entier. 

I-'honorable Jan"» A. Duff. ministre de l'Agriculture d'Ontario, référant 
:i l'annnée qui vient de =c terminer, déclare ce qui suit : 



m 



Le Tanf ,-/ la HrospMU SiHiomlt 



"Nous avons e» de, récolte» abondante» dans toute» le» cati-gorie, de oro- 
duits fçr„,.c.r.,. a cud.ue, exceptions pré», et avec de bons prix tous "s ferU r» 
oi.t jou, .1 une prosfKrm > .,s pr.cédent mais méritée " 

o,.inio,;'::M;an;^*^olc.'rr' '"""" '- '^ N-ve..e.Ecos,e. donnant .,„ 

.le relU^^I ''""'"'"" f '' '«"'" ^' ^""'^ '!<" a été complètement manqué.- et 
•le celle des pommes de terre, qui a été. en partie, mauvaise. les récoltes o été 
evçept,..n>,cllc„,ent bonnes et cette année a été l'une des plus prospé .7 1- , 
Hnsto.re ,e l'agriculture de la Province de la Nouvelle-Ecôsse. ^^oint -' 

grande de fruUs consommés par le marche canadien, plus spécialement ian le 
Cap-Breton, que jamais auparavant." "■"ement dan, le 

rAgricd,uie."dî;^' ''"''"'''' '°'^"''''''"' ''^ P^»^-'^ ''•'it-- •'•■ ->'i"is.cre ,!e 

"La raison principale de la dinunution dans le- exportations du beurre et 
du fromag. est l'.ugmcntation de la consommation domestique. 

exDortn.'ÎL"' 7" •"! "''""'"''' ':°"' •l'^P'°^""ons catte diminution dans les 
exportations Au contraire nous devrions nous réjouir d'avoir trouvé un non 
eau débouche dans l'ngrandissen.ent de notre marché domesfque - là leTon i 
se dégage de cec. po„r nous est que nous devons donner plus d'atten ,>,„., o 

connu'" NoT '"• ""' ', "'^' '!"•' " ■■•'P«"ance qu'on n. l'a généralement - 
connu. Nous .-jvons seulement à remarquer que nous consommons dan, le 
C-nada au .lela des deux-tiers de notre production laitière totale" 

s„r 1. !. "^ T"'" '""■ '' '"'''^' '''' P'"''""'' '•■»'"■'="' =»« '-"«"•■'da. au^m.nte 
sur le taux de $2,oco,ooo par année. 



APPENDICE VIII. 



Nos importations de produits agricoles. 



L.mportance excessive qu'attachent à la culture du blé les cultivateurs 
de loues , jointe a leur répugnance au moins apparente pour la culture générale 
a donne heu a cette anomalie, que le Canada, l'un des plus grands pays agricoles' 
du monde, e.st devenu un importateur considérable de produits agricoles. 

Au dire du "Toronto Globe" (numéro du 2 janvier), voici ce que disait 
récemment, à ce sujet. M. William Whyte. vice-président du Canadien Pacif^^e 

"Si jamais il a existé au monde un pays agricole, c'est bien le Manitoba 

LoorVàT """?' !,''!, •'^«^'-'"'^«- Et cependant, cette année, on a 
importe a VVmnipeg plus de douze millions d'oeufs. Pour nos wagons-restau 

Tc^i^lellTs-LW^^^ """'^ '' '"-'- ^°- — - i'--" 



/./ Tarif tt la Prospiriti Natwnaii 



19 



"Le nulheur. c'eit que no» cultivateurs ont, »i j'ose dire, la folie du bUv 
Vf. ont gagné de largent avec leur ble. et d'un autre côté ils manquent de la 
ni.iin -d'oeuvre ncce.s»aire i la culture générale. Us peuvent s'absenter durant 
liiiver. en laissant au garçon de ferme le soin de* chevaux. 1 ut le monde 
admet les pertes qui résultent de la culture exclusive du blé. L'agriculteur 
s'occupe de vendre, non pas ses produits, mais sa terre ell..-mcme. II ne la 
laboure pas tant q"'il V-^ploite. Il se sert de sa terre, non pa; comme on doit 
le faire d'une terre, mais comme un mineur fait de sa mine. Il en sort tout ce 
HU'il peut et il n'y remet rien du tout. Si le* sécheresses de l'été pa.ssé peuvent 
ei „ner enfin au cultivateur à prendre d'autre» méthodes et à pratiquer l'agri- 
culture générale, on ne devrait peut-être pas trop regretter la perte d'un partie 
lie nos moissons." 

On estime à $31,500,000 la valeur totale d'animaux et de produits agricoles 
importés au Canada pour y être consommés durant l'exercice fiscal loio, sans 
compter les viandes salées, fumées ou "préparées", ni les céréales moulue» ou 
manufacturées. 

Comme question de fait, telle est la demande de produits agricoles sur le 
marché canadien, que nos cultivateurs sont virtuellement incapables d y suffire. 



.\PPE.\niCE IX. 



L'effet du tarif sur les prix. 



i 



Au moins deux directeurs du Conseil Canadien d'Agriculture, M. E.-C. 
Drury et M. R.-J. MacKenzie, ont affirmé que le manufacturier ajoute invaria- 
blement à son prix de vente le plein montant des droits imposés par la douane. 
Développant ce point, M. MacKenzie déclare : 

"D'après le recensement de 1908, on avait manufacturé au Canada, l'ann e 
précédente, pour $12.835,745 d'instruments aratoires, dont $2,342,828 pour Tex- 
portation et $i0492,9i9 pour le marché canadien. On avait importé, durant la 
même période, pour $1,593,914 d'instruments aratoires, sur lesquels le gouverne- 
ment avait perçu ao p. c. de droits, soit $318,782. On admet maintenant que le 
manufacturier ajoute à son prix de vente le montant total représenté par la pro- 
tection que lui accoident les droits de douane Les cultivateurs du Canada ont 
aussi payé au gouvernement, en 1907, $318,872 et aux manufacturiers d'instru- 
ments aratoires $2,098,383 (Soit 20 p. c. de $10492,919) Pour chaque $100 

que paient en taxes les cultivateurs, le gouvernement obtient ainsi 514 et les 
manufacturiers $86." M. MacKenzie applique le même raisonnement au cuir, 
aux chaussures et au ciment, pour montrer combien injustement les cultivateurs 
sont taxés au profit des manufacturiers. 



/..■ 



Tarif .t ta frttpinU S,nwmU 



ir.umiL ' " •**" 1^' ''""'"" """■■ '^'•^""vnr ce qua de fallacieux .ci 

^rgument cjir m vraiment le manufacturier canadien prenait pour lu. U- plrm 
montant de la taxe, comment pourrait-il faire au Cann.la sept fo^ plu* daffa 
que le inaiiufactuner étranger? I,an. I. ca, des cl,au«ure,, c„- par M L - 

Z, nuJt 1 T^\ """' *T ""'""' '•'• '"•' "^"''""' ''^ consomiiia.cur c.na- 
ni . ■ * "»""'=«ct„rier, etr.niK.r, Si. comme on le preten.l. iU 

proposaient au consommateur de, condi..o„, .«aies ou pre«,uc .«.le.. iK ne 
I cn,,K,rtcraieiit pa. lur leurs rivaux à un ttl degré. 

Que le manufacturier puisse améliorer la qualité de .es produit^ et en 

tmit d ni!!"." '17" '"" """. ''' ''■""• "'=' ""="' '""' '''»''°'d incroyable, mais 
Serl "^t ' '"*'""^' '''' ''^'"'■■^■'•"" '^""'^ exploitation manuf-ncturiere. 
petite ou grande, nécessite une certaine dépense obligatoire: loyer. cliauffaKC 
ccl.-.raKe. assurances, taxes, frais de bureaux, surveillance, etc Si Ion do.t' 
faire face a ces dépenses avec le revenu dune petite production, il est c.rtau, 
«lue la proportion attribuable à chaque unité de production sera comparafve- 
.... ..t haute. Mais si d un autre c6te on peut les repartir sur une grande pro,luc- 

.on. la proportion attribuai ' à chaque unité de production sera infinie. Dune 
façon geiural.-. plus la production est élevée, plus est bas le coût de production 
et meilleur marche paiera le consommateur: d'où l'avantage d'un tarif qui assure 
e marche «lu pays, ou au moins la principale partie de ce march., au manufac- 
turier Cl 1 pays. ■■•unui.ii. 

Quelques exemples suffiront à illustrer la chose. 

... .^" '*'î?' ""* certaine compagnie de rOntario commençait à fabriquer des 
buggies Ert ,878. elle en vendait environ 30. pour lesquels les cultivateurs 
payèrent de $100 a $1:0. L'année dernière elle livrait sur le marché 15.000 véhi- 
cules a roues, de diverses sortes, et pouvait donner au cultivateur, pour $85 un 
bien meilleur buggy ' que celui qu'elle se faisait payer $,70 en ,878. En 8^8 
encore, le prix du sucre était de neuf à dix cents au détail: aujourd'hui ,1 
..atteint pas cinq cents En 1878. les meilleures lieuses se vendaient de $27; à 
$..c«: aujouruhu. le cultivateur peut se procurer, pour $12-, un instrumenT du 
même genre plus eger et plus solide à la fois, qui lui durera plus longtemps 
K.. 1878 toujours, les moissonneuses simples se vendaient de $100 à $ro; • miour 
d hui les meilleures de ces machines se détaillent à %t,o et $65. 



APPENDICE X. 



I,a valeur d'un tarif protecteur pour le cultivateur. 



I-es membres de l'Association des Manufacturiers Canadiens ont cons- 
tamment soutenu flu'un tarif concernant les produits de la ferme, pourrait amé- 



/..• larif ft la Prosf,-rilf Aatiomii,- 



tt 



liorer l'unuKrabli ujeiit la comlition de l'agriculture en Rrneral. A eu «ii)rt 
M (.'. l'. Ilnll.mtytu'. parlant rotnnic pr.si ilent île r.\««nfj,iti<in en KX*'. 
prriit.iiKj.iit le» iKiniji s miiv.tnte*, qui. en fare <U * ivinemciit* siirveiitM <lf|>'ii-. 
•pp3raii«cnt «rime clairvoyance prr«(iuc prophitiniip Vniii ce '|>i''l <li>ait 

"l'n droit ili' _>■; p c. tcarte «lu mari lu- aiiu ru-un tuitro uTiiiu- ilr lut 
Pourfjiioi no<i riilti\.iteiir!. canadicnv ni- (IrmanfJent-iU pas à notn- «iniveriir- 
ment ifinipo^'-r lui lirait sur Ir lin i-tr.-incir, afin de leur «««unr le marclu- 'lu 
pays aiifiucl iU ont jugement droit? Il se consonimc au Canada d'un milli. -i 
et demi à «Icux millions rt dmii de minof» de lin par année: pourfpioi «e - t 
on ainsi d'un million ou plus fie minot» de grain étranger, au lieu d'cmpl.v r 
du lin "pousst- au Canada", iri menu dans Idiiest. et le moilloir qui soit ]'■■■■ 
duit? 

"Je voudrais montrer aux intcliicenl- cultivât, iirs .|,- l'Ouest (|iie Ii . ml 
tivatcurs américains trouvent plus profitât)'- de cultiver le lin (|uc do ciiliiv. r 
le ble, et j'cspere f|iie. lors(|iii. se fera la nvision du tarif, on imiKiscrr. fin Jroit 
»ur le lin. pour le plus grand luni f ice du ci Itivateur, et que tout le lin don- ..i 
ie servira au Canada sera du lin "poiiss.- au Canada". 

.lMs.|ii'en 1007, la quantité de lin importée au Canada sans droit' de d'-ii.iiir, 
ainsi que les chiffrrs des deux années précédentes, indiquent que nous sonimes 
un pays importateur : 



«905 

1906 (déduction faite des cx- 
portation.s de 'Vtranf^^cr 



1908 (déduction faite des 
exportations de l'é- 
tranger) 

1909 do 

1910 do 



Importation 


Exportation 


Canadien 


Nombre de 


Nombre de 




Minots 


Minots 


Valeur 


176,887 


.V4 


$ 47'» 


7".i.l« 


-^824 


:>-.v^^' 


Importation 


Exportation 


Can.adieii 


Nombre de 


Nombre 




Minots 


Minots 


Valenr 



495-154 


10.9(^7 


S i5,o<j8 


288.467 


(^*J3-779 


855-'JoS 


4».1-M 


1.997,648 


3.642,476 



A la fin de iqo-, un droit de 10 cents par minot protégeait le lin, et pen- 
dant les trois .innées suivantes, comme il ressort des chiffres suivants, nos im- 
portations tombèrent virtuellement à zéro, tandis que nos exportations attei- 
gnaient les millions. 



J3 



Le Tarif et la Prospérité Nationale 



t.rif éi?-"""'?"*' "" !!'"' ''"^'''* prétendre, de la part des cultivateurs, qu'un 
t..nf eleve sur leurs produits ne peut leur être que de peu de valeur. 



APPENDICE XI. 



Les cultivateurs désirent-ils réellement la réciprocité ou le libre-échange? 



Quoi que 1 on n'ait tenté encore aucun effort en vue d'organiser les cul- 
tivateurs dont les vues ne s'accordent pas avec celles du Conseil Canadien 
d Agncultur .1 parait probable, d'après beaucoup d'opinions exprimées de ci de 
la a cet égard, que les cultivateurs sont plus en faveur de la stabilité du tarif 
(|uon ne le suppose ymcrnlemcnt. 

w . ^lû'^''"?*"" ""^ ^ ''«^•"■"■bre 1910. par exemple, prête aux cultivateurs de 
Weiit' 'orth ce langage ; 

"Nous serions enchantés de voir le libre-échange établi universellement- 
mais, aussi longtemps que ks Etats-Unis et d'autres pays s'en tiendront au prin- 
cipe oppose, nous devrons protéger nop, propres intérêts en nous pliant aux cir- 
constances, ce que le tarif actuel, croyons-nous, réussit à faire. 

"Si l'abolition des droits sur les instruments aratoires et autres produits 
nécessaires aux cultivateurs devait nous en assurer la fabrication conti, uelle et 
permanente au Canada, et si en même temps nous pouvions percevoir par ailleurs 
les revenus nécessaires à l'Etat, nous serions également enchantés; mais, comme 
.1 est démontre par 1 expérience que cela est tout à fait improbable, nous .ommes 
d avis que non, serions mieux de nous en tenir aux principes qui ont fait 
jusqu'ici la prospérité du pays. ■- h m .an 

"D'après nous, la première chose qu'il y aurait à faire, dans toutes négo- 
ciations de réciprocité, serait de demander au pays voisin d'abaisser d'abord son 
tnrif au niveau du notre. Cela pour commencer. Ensuite on pourrait accorder 
concession par concession, toujours à avantage au moins égal pour le Canada 
Au cas ou cette tentative ne réussirait point, on ferait peut-être une erreur en 
abaissant quand même le tarif, malgré la prospérité éclatante dont nous jouis- 
sons. De fait, nous croyons qu'une légère augmentation sur quelques-uns de 
nos instruments aratoires serait d'un énorme avantage au pays sans aucun incon- 
venient sensible pour aucune classe de la société."' 

Des cultivateurs canadiens-français en désaccord a-ec le Conseil d'Agri- 
culture, et qui assistaient à l'assemblée de cette association à Ottawa, transmi- 



/,,' Tniif et In l'i-os/^, rit,'- .\atioiuiU- 



Tvnt l;i déclaration suivante à la presse après cette assemblée, où on avait reiusé 
d'écouter leurs protestations : 

•'La province de Québec est satisfaite du tarif actuel et ne demande au- 
cune révision. Elle devient de plus en plus centre industriel, et, de plus en plus. 
attire vers ses villes et villages une population qui crée une vaste demande pour 
les produits agricoles. 

"Nous croyons qu'il est du devoir du gouvernement de protéger notre 
marché contre la concurrence américaine. Les cultivateurs de l'Ouest ne peuvent 
guère désirer nuire à ceux de l'Est quand ils réclament un abaissement de tarif, 
qui conduirait à la ruine de notre marché et de nos industries 11 ne s'agit pas 
ici d'une lutte entre deux régions du Canada, mais bien d'une question i!:>.tionale. 

Dos pétitions semblables furciit signées par une demi-douzaine de -ociétés 
d'agriculture de la province de Québec. 

Voici, de leur côté, la résolution qu'adoptaient, à l'unanimité, les l'iuit- 
Growcrs de l'Ontario : 



RESOLU.— Qu'en vue de négociations possibles avec les Etats-Uiis au 
sujet dun tarif de réciprocité l'Association des Fruit-C.rowers de l'Ontario 
désire cxprir.-.cr sa désapprobation de tout abaissement de droits sur les fruits 
importes au Canada, à moins qu'on n'ait consulté d'avance, le comité (iui sera 
nommé à ce sujet par l'Association. 

"Les droits sur ces articles sont maintenant beaucoup plus bas que les 
droits sur les produits manufacturés et plus bas qu'ils ne devraient être en vue 
du fait qu'il ne fait aucun monopole ni aucune "combine" dans le commerce des 
fruits, dont le prix est déterminé de façon absolue par la loi de l'offre et de la 
demande." 

De son côté l'Association des 'Vegetable Growers de Winnipeg envoyait 
au gouvernement ce mémoire: 

"Au Très Honorable Sir Wilfrid Laurier, premier-ministre du Canada, 
et aux membres de la Chambre des Communes, à Ottawa : 

"Nous, les membres de la Société d'Agriculture Kildonan et Saint-Paul, 
réunis en assemblée annuelle, désirons humblement soumettre à votre honorable 
corps combien est importante pour nous la taxe actuellement existant sur les 
légumes verts importés des Etats-Unis à Winnipeg. Nous vous envoyons donc 
cette pétition, pour vous prier de laisser subsister cette taxe, et espérons sincère- 
ment que votre gouvernement ne la fera point disparaître, ainsi' que l'ont de- 
mandé les marchands de gros de Winnipeg à la session de igog, car ce serait 
vraiment là le meilleur moyen de priver nos jardiniers fl'une grande partie de 
leurs profits, et même d'en ruiner un grand nombre." 

Il y a quelques jours à peine, les journaux de l'Est publiaient la dépêche 
suivante, de Victoria, Colombie-Anglaise. 



Le Tarif a la Prospcrité Nationale 



- parties de la CoIoX A . ""'""'' '^^''■«"" P"""^"'^" ^^""^ '1^ toutes 



M. DEACON. de Winnipeg. 

Muoinufs fS:"e^Tu:r„;eVses'"h''- ""^°"' ''^- ^^'""'•'^«- "--p-- 

lOuest. présenter ses observat.ons selon le point de vue de 

!>• ".aire de Winnipe. viendrl" ici-'eS^se" ^ vu^r"'^"^ °" '"^-^^''^ ""^• 
.ouve;;::::::.filV^^J^/:;;^;i''-i-.tion. ina„«..ree par notre 

-ymetrie. nous — les -ens de l'n„.cf "^ *^ développer avec 

Pations de notre Polulain \:i?n"" u" ^^é;; .ue^l^^ "'' 'T- ^^^^ 
'"eux qu'elle habite. Si nous avmn= t ""^"^^^ <iue la topographie des 

-... devenait cul Lteir ^u rnuf.?r ""' " °""' occupation, si cha- 
mineur, jamais notre pays ne se S "'•"' '^°""""""' ^^ bois. o„ 
il ne deviendrait grand ''«^^'oPPerau comme il le devrait, jama-s 

facturi?r"s e^ "le d" nT ^nes^^oT ''''""' "^ ^■"''^"^■■"^ '^^ ^"^ — 
du blé. Cette assetione loin rù".""^.î"*'"""'°"^ ''""^ '^^ "^«'^-t-" 
■a majorité de l'Ouest soï en Ive^ dTmaSt' 'T^' ^^ '°"*^ ^«^^ ''- 
Chaque année se produit un imm afflux dari'OuesTd'"""^ ^^^"*^'"=^- 

Hommes, qui viennent aider pour la moisson Tnf '°'°~ ^ ^""'"^ 

sont pratiquement suspendus dans l'o,?.^ , " '"^^^"^ agricoles 

année. Comme cette vagl^htai e^^r^ralu 'SîeV^u'^ "'^'^ '""r' 
moisson la sse un grand nnmhr. a-u ^"^^"" ' Ouest au moment de la 

toutes ces villes et cités de la tète rf.c i, , /'"!^ *^* '•=« districts et dans 
difficulté toujours crois an e de nourr r ce! l "'"' " ''"* '"^^ '^" ^ '■' 
pourquoi, dans toutes ces iîles et é dt " ^'"''"* '''^'^^^- ^'-' 
pour développer le mouvement nSsîel dt T"'"" " '"'"* "^«^"i«- 
"n très grand progrès. Fort wlam ' ' p ! f 'l''' '' '"' ""* ^^^''^ ^^i^'- 
«randes responsabilités financière n * ■^'■*''"'' °"' ^"^"'"^ ^e trè. 

^•installer dans leurs vile et à r,.-'^ ""!"" ''^ «"anufacturiers. a 

pendant l'hiver. I.a ; l'Tde V p'"' TSï ' 'T'^''^ ' '^'"^^ --- 
-te. ,e puis le dire, que celle ^Z^ t^Z^^TZ^^^T^^ 



Le Tarif et tu Prospcnli- .\ationale 



pour son projet de pouvoir Hydro-Electrique; dans le seul but de fournir 
à WinnipcR un pouvoir d'eau à bon marché, afin de développer nos manu- 
factures. L'idée a prévalu que VVinnipeg n'était pas une ville industrielle. 
Cela était vrai, il y a quelques années, mais la situation a changé rapide- 
ment. Nous avons eu, récemment, un recensement, bona fide, des établisse- 
ments manufacturiers d'ici et j'ai une petite statistique, indiquant qu'il y a 
241 établissements manufacturiers à Winnipeg, avec l'adresse de ces établis- 
sements et la classe de produits qui s'y manufacturent, de sorte qu'il ne se 
trouve pas d'appréhension, à ce sujet. Nous avons ouvert un crédit qui 
atteint actuellement $j6,ooo,ooo, dans la seule ville de Winnipeg et, à l'épo- 
que du recensement, il y a peu de temps, nous avions encore, 10,800 
mains à l'ouvrage. Les prévisions in(li(|uent que le bénéfice de ces établis- 
sements doit, cette année s'élever à $36,000,000. J'espère que l'on m'excu- 
sera de référer moi-même à la ligne dans laquelle je me suis engagé. J'en 
agis ainsi parceque je suis plus familier avec cette ligne. Mais je pourrais 
dire, atis-i, que cela est strictement exact dans toutes les lignes de manu- 
facture.-, de cette ville. 

H y a quelques sept ou huit ans, je vins à Winnipeg et j'installai uiu 
fonderie ici. Xous avons agrandi graduellement, à mesure que nous pou 
vions vaincre les difficultés physiques, et les exigences du climat et autrt- 
inconvénients que l'on suppose devoir s'opposer à ce que l'ouest demeur»' 
un pays manufacturier. Et, avec l'expérience, nous avons vu que noii- 
pouvions établir des manufactures avec profit. Xous avons vu, par !.i 
suite, que nous étions exposés à la concurrence de la part de villes comme 
Minneapolis et St-Paul, qui se trouvent juste au sud de nous et dont les 
industries se sont grandement développées, Milwaukee, Chicago, Détrtpit 
et les villes du centre des Etats de l'Ouest. Après la révision du tarif en 
1907, nous avons compris c|ue la stabilité pouvait exister pendant un grand 
nombre d'années. Sur cette base, notre Compagnie se mit à l'oeuvre et 
établit un atelier pour la construction des ponts et édifices en fer, entraînant 
une dépense pour '?s constructions, l'installation et la machinerie, de 
$225,000, créant un i^. v'^cement pour quatre cents homnu-. Xous avoii~ 
conduit cette entreprise à bonne fin. 

^'il y avait une réduction importante ou même perceptible de ce tarii'. 
nous 1 lurrions être immédiatement ruinés. Xous -devons amener notr^' 
coke de quinze cent milles, de .^ Pcnsylvanie ainsi que le charbon avec h 
quel nous chauffons nos établissements. Et beaucoup d'autres industrie ^ 
sont dans la même position, de fait, pratiquement toutes les autres indu- 
tries, dans la ville de Winnipeg sont dans la même situation. Actuelle- 
ment un grand nombre de sociétés des Etats-Unis font des enquêtes, dans 
le but d'établir des établissements industriels ici. Le secrétaire du Bureau 
des Industries m'a dit, peu de temps avant mon départ de Winnipeg, qu"il 
y avait environ 230 enquêtes de ce genre mais que la plupart de celles-ci 
avaient surtout pour but de voir ce qu'il y aurait à faire, en rapport, avec 
les négociations de réciprocité. 



26 



Le Tarif et la Piospcritc Xatioiialf 



Non seulement Winnipeg, mais pratiquement toutes les autres villes 
de l'Ouest développent, rapidement, leurs industries manufacturières, 
r.randon et plusieurs manufactures importantes. Une manufacture amé- 
ricaine employant l'argile, s'est établie à Medicine Hat, et est très prospère. 
Des lan inoirs ont été con.-truiî , à Medicine liât, par des Américains qui 
ont aussi installé à Winnipcg, des laminoirs qui sont maintenant en pleine 
opération. A Calgary, se trouvent d'importantes fabriques de ciment et des 
minoteries. Toutes ces villes travaillent avec activité, à l'installation de ces 
industries, qui feront vivre les ouvriers sans ouvrage, pendant l'hiver. Les 
manufactures s'installeront, naturellement, où elles trouveront un marché et 
la prospérité de ce marché fait disparaître beaucoup d'autres obstacles. Il 
est vrai que nous sommes quelque peu éloignés des sources de notre maté- 
riel, .nais cet inconvénient est largement compensé par le marché que nous 
avons à notre porte et le contact que nous avons avec nos clients. 

C'est notre opinion et, je crois, l'opinion de l'ouest et certainement, 
des industries manufacturières, que tout abaissement dans le tarif nous 
causerait un dommage considérable ainsi qu'aux industries que nous avons 
entreprises. Parlant spécialement, au nom des manufacturiers de l'Ouest, 
j'espère que rien de cela n'arrivera, .\ctuelleme; la prospérité règne dans 
le pays. Tout homme honnête et bien portant pti.c trouver du travail dans 
l'Ouest, avec les salaires les plus élevés, je crois de tout le monde civilisé. 
Les revenus de ce pays augmentent sans cesse et son crédit est excellent, la 
machine est en bonne opération. Et nous pensons que la superbe politique 
d'immigration, qui a été suivie par le gouvernement, dans le passé, devrait 
être continuée et que la stabilité, sans toucher aux conditions industrielles 
actuelles, sera largement obtenue. 



REPONSE DU PREMIER MINISTRE 



Sir Wilfrid Laurier:— .VI. Rowley, et Messieurs de la Délégation :— Je n'ai 
pas besoin de vous rappeler que nous sommes dans un pays démocratique, et 
f|ue nous avons à la tête des affaires un gouvernement démocratique. Ceci veut 
ilire que c'est le désir, le souhait, l'aspiration du gouvernement actuel de gérer 
le.s affaires du pays, depuis qu'il a plu au peuple de placer ses affaires entre nos 
tr.ains, de manière à rencontrer, en autant que possible l'opinion publique et pour 
lo bénéfice de toutes les différentes classes qui composent notre peuple. Vous 
créerez avec moi que la tâche n'est pas tout à fait facile. Je n'ai pas besoin 
le vous dire, Messieurs, que c'est pour le gouvernement un grand plaisir et un 



l!-='>«t- 



grand avantage de recevoir une délégation aussi importante représentant un 
corps de la communauté aussi influent et aussi important que nous avons main- 
tenant devant nous. Notre joie aurait été encore plus grande si, au lieu de vous 
avoir devant nous en ce jour, le treizième du mois de janvier, nous avions eu 
ce privilège il y a environ un mois, le seize décembre alors que nou^ recevions 
une délégation d'une autre classe de la communauté, laquelle représentait les 
besoins du pays comme elle le comprenait, et les présentnit sous un jour quelque 
peu différent de celui sous lequel ces besoins nous sont maintenant présentés. 
Il aurait été plus agréable et peut-être plus avantageux pour le gouscrnemeut 
et le pays en général si nous avions eu ces deux classes de la communai.té, lis 
agriculteurs de l'Ouest d'un rôté, et les manufacturiers de tout le pays, et pou- 
voir nous efforcer de concilier les différents points de vue soumis à nous sur 
la politique à suivre, de manière à procurer au Canada la plus grande somme de 
bien. Les agriculteurs que nous avions devant nous il y a un mois déclaraient 
emphatiquement que nous devrions avoir avec nos voisins du Sud une politique 
différente de celle qui a prévalu pondant nombre d'années dans le passé, que 
nous devrions nous efforcer d'avoir une liberté plus grande, aussi étendue que 
possible de commerce réciproque avec eux. Vous, messieurs, prenez un autre 
point de vue; et, si je vous comprends bien, votre but serait de nous faire com- 
prendre que nous devrions absolument rien faire en ce sens avec nos voisins. La 
difficulté pour le gouvernement va être de tirer une ligne et de savoir qui écou- 
ter,— devrons-nous suivre l'opinion que nous avons entend,. •' mois, ou 
prêter attention aux idéer, que nous avons en l'occasion préseï,,. : ^ gouverne- 
ment pense qu'il est possible— cela peut se faire— d'adopter queUiues i.jcsures de 
réciprocité sans faire de tort aux agriculteurs qui les ont demandées, aux manu- 
facturiers qui y sont opposés. Nous avons inauguré, il y a quelques années, la 
politique de ne pas faire d'autres avai :es à Washington en faveur de la récipro- 
cité commerciale. Vous vous rappellerez que, i' y a plusieurs années, alors que 
le traité de réciprocité fait en 1854 a été aboli, de nombreux efforts ont été fait 
par le gouvernement d'alors pour obtenir un renouvellement de ce traité. Lors- 
que nous-mêmes nous avons pris les affaires en mains, nous avons fait des 
avances aux autorités américaines. Ces avances n'ont pas été reçues favorable- 
ment, et de ce jour nous avons dit que nous n'en ferions plus; et nous n'en avons 
pas fait. Mais, lorsque nous déclarions que nous ne ferions plus d'avances, ce 
n'était pas notre intention de repousser celles qu'on nous ferait. Nous avons 
reçu, au printemps dernier, des avances pour un nouveau système de réciprocité 
eiiir" les deux nation ^ qui peuplent maintenant le continent nord américain. 
Alors que nous recevions ces avances, et que nous pensions qu'il n'était pas con- 
traire aux meilleurs intérêts du pays de les refuser, je puis dire que lorsque 
nous les avons reçues et que nous avons accepté l'invitation de rencontrer nos 
voisins américains, dans le but de discuter les relations commerciales existantes, 
nous n'avons pas oublié le fait que les américains avaient, sous le rapport de 
l'industrie, une grande avance sur nous, qu'ils avaient été plus longtemps en 
affaires et avaient une population plus grande, et que les conditions ne sont pas 



/.<■ Tarif et la /'rosprrité Nationale 



les HRincs (Inns l'un et dans l'autre. Messieurs Fielding et l'aforson sont mainte- 
nant a Washington dans to but. lit. les connaissant comme vc^us les connaissez, 
vous pouvez compter qu'il n'oublieront pas mais dans ces ncKociations ils auront 
toujours pré.scnt à l'esprit le fait, qu'il nexistc pas de similitude entre les deux 
nations dans leur développement commercial. En même temps, je ne puis pour 
ma part, lernur mes yeu.x .sur le fait— et je vous le dis franchement -<iue je 
con(.-()is qu'il est possible de faire <|ne!qu'arrangement avec nos voisins qui ne 
nuira pas à la classe industrielle. L'ans le mémoire lu par M. Kussell, il y avait 
nn point qui a attiré mon attention dans le temps et lequel e.xpriine beaucoup 
les vcitinicnts qui nous guident en ce moment. Ce point est le suivant: "Kt 
c'est pourquoi nous vous disons, monsieur, en terminant cette expres.sion de nos 
vues, que nous souimes opposes dans les circonstances présentes, à toute réduc- 
tion de tarif ou traite de commerce qui exerceraient une influence d'instabilité 
sur les conditions de progrés que nous obtenons présentement." Ces .niiments, 
ji- puis les rendre de la même manière. Nous sommes opposés à conclure aucun 
arrangement qui rendrait incertaines "les conditions de prospérité dons nous 
jouissons". Il y a une chose, je pense, dont ce gouvernement peut être fier, 
c est que nous avons été très prudents, lorsque nous avons eu à faire des refor- 
mes, de ne pas troubler les co:iditions qui prévalaient dans les relations avec les 
intérêts manufacturiers du pays, lorsque nous sommes venus en charge nous 
avons promis de réformer le tarif, en faisant cette reforme, nous avons été très 
soigneu.x de ne pas troubler les conditions, ht je puis dire que, dans mon hum- 
ble opinion, que les meilleures réformes peuvent être accomplies de telle manière 
a pouvoir faire autant de ma! que de l>ien. C'est pourquoi il est d'un bon gou- 
vernement, lorsqu'il f.iit des réformes lorsqu'elles sont nécessaires, de ne pas les 
accomplir de manière à amener un révolution plutôt que d'aider une évolution. 
Et je pense, que. s'il y avait deux hommes dans le gouvernement— non, je devrais 
dire s'il y avait deux hommes dans la comnum.iuté— sur lesquels on peut compter 
pour ne rien faire d'incertain dans les conditions de tarif avec nos voisins amé- 
ricains, ces deux hommes sont les commissaires canadiens Messieurs Fielding et 
Pattcrson. Les intérêts du public sont, je pense, as.surés entre leurs mains, et 
je crois pouvoir vous prendre à témoins. Messieurs, qu'en faisant cette décla- 
ration je ne fais que rendre justice à ces deux hommes et au Gouvernemnet 
tout entier. 

M. Rouley:— Sir VVilfrid et Messieurs les membres du gouvernement, je 
vous remercie sincèrement pour la belle réception que vous nous avez faite, pour 
votre réponse. 



Le Tarif et la Prosférilé Nationale 



Ht 



MEMBRES DE LA DELECTATION 



VV. II. Rciwley .. Ihc E. B. Kd.ly Co, Limited 

N. Curry The Canadiaii Car & Foundry Co . 

Limited 

T. A. Ru>sfll Canada Cycle & Motor Co.. Liiiiit"!. . 

Geo. l'aitinson George Pattinson & Co 

Geo. O. Forbcs ... The R. Forbc; Co , Limi*ed 

Geo. C. H. LariR The Lans TanniiiR Co., Limited . 

T. B. Caldwell Royd Caldwcll & Company 

J. Kerr Osborne Massey-IIarris Co., Limited 

R. ILarnicr Sawycr & Ma^-ey Co., Limite<l ... 

R. McLaughlin McLaushlin Carria^e Co.. Liiiiit<i!.. 

W. K. George .. St-indard SIÎm r Co., Limited 

Tlio- Cantley N'ova Seotia .Steel & Coal Co . 

Limited 

M. J Butler Dominion Iron & Steel Co.. Limited. 

\V. S. l'i.sher Enterprise l'oiindry Co.. Limited .. 

H Cockshutt .. Cock.shiitt riow Co.. Limited 

iV. M. Gartshore . ..The McClary .Manufacturing Coin 

pany 

Denis Murphy f'.runctte Snw .Mill Co., Limited .. .. 

.Me.N. Maclaren Tlie Xortli l'.icific Lumber Ce, 

Limited 

Wm. Thoburn, ^LP. . . W'm. '] hoburn 

Hon. Wm. Harty, M. P. Cmadian Locomotive Co, Limited . 
Frederick NichoUs .. . . t uiadian (".> lur.il Electric Co., 

Limited 

Geo. Goldie C;:nadian Ci' i' \ Milling Co., 

Limited 

J. H. Plunmier I )oiiiini.iii lr..ii ^: .Steel Co., Limited 

D R. Ker Brackman-K'. r .Milling Co., Limited . 

c'yrus A. Birge Steel Company o{ Canada. Limited . . 

Frank Moss Tlie Pre.<ton Fnrniturc Co., Limite'. . 

D. A. Gordon. M.P. .. Diniinion S usa r 5. Limited 



Mull, Une 



Montréal. 

\\ e^t Toronto. 

Preston, Ont. 

Mespeler. Ont 

Perliii. 

L; nark. Ont. 

Toronto. 

ilamilton. Ont. 

0>hawa, Ont 

Toronto. 



New Glasgow. 
Sydney, N. E. 
Sackville. N.B. 
Brantford. 

London. Ont. 
New Westminster. 

Bamet, C. A. 
Almonte, Ont. 
Kingston. Ont. 

Toronto. 

Toronto. 
.Toronto. 
Victoria, C. .\. 
Ilamilton. Ont. 
Preston, Ont. 
Wallacebttrg, Ont. 



— . -^ .1,^3 



(, 



.» 



Lt Tarif tt la Prospérité Nationale 



C. C. BalUntyne .. .. The Sherwin-Williams Company .Montréal. 
J. S. N. Dougall ..The Dougall Varnish Co.. Limited. .Montréal. 
Col. Robert Gardner . . Robert C.ardner & Son, Limited . Montréal. 

J C. Ritchie The John Ritchic Co., Limited . . . .Québec. 

Geo. McQuay The McQuary Tanning Co., Limited. Owfn Sound, Ont 

Alex. Goldie Goldie & McCulloch Co., Limited ..(,alt, Ont. 

F. H. Whitton The Steel Compa..y of Canada, 

Limited Hamilton, Ont. 

C. B. Gordon Dominion Textile Co., Limited . . Montréal. 

W. J. Boyd VV. J. Boyd Candy Company . .VVinnipeg. 

W. J. Bulman Bulman Brothers, Limited Winnipeg. 

T R. Deacon Manitoba Bridge & Iron Works 

Limited Winnipeg. 

T. Banbury Rt-Rina Planing Mil! IVgiiia, Sa-k. 

H. R. Drummond . Canada oiigar Refining Co., Limited. Montréal. 

J. C. Casavant Casavant Frcro<; St-Hyacinthe. 

F. P. Jones Canada Cément Co.. Limited ..Montréal. 

Jfihn Fisk Fisk, Limited Montréal. 

John Irving Nova Scotia Steol & Coal Co., LimitedNew Glasgow. 

F. R. Lalor, M.P Monarch Knitting Co., Limited . ..Dunnville, Ont. 

J. M. Briar Brando.' Machine Works ..I^randon, Man. 

J R. Booth J. R. Booth Ottawa. 

\\'. J. Murray Chapman Double Rail Bearing Co., 

Limited Toronto. 

R. J. Younge Canadian Rubber Co., Limited . ..Montréal. 



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